29 février 2008
Hellblazer: Rare Cuts
Editeur: Vertigo/DC Comics
Contient les épisodes #11, 25-26, 35, 56, 84 et des morceaux du Vertigo Secret Files: Hellblazer
Le premier numéro date de 1988 (c'est le #11) et est écrit par Jamie Delano, dessiné par Richard Piers Rayner et Mark Buckingham.
Autant les dessins font vieillot même si les visages ne sont pas terribles sur certaines cases, mais ça passe bien.
Concernant l'histoire ça se lit pas vite et l'histoire est grave complète pour un seul numéro. Pas aussi complète et longue qu'un FF de Lee et Kirby mais plus qu'un Fell ou un Jonah Hex.
Bref c'est très bon et c'est un épisode important et marquant pour John Constantine (qui est incarcéré pendant 2 ans dans un asile suite à cette histoire ).
Hellblazer #25-26: Ces deux épisodes sont très glauques. Grant Morrison multiplie les scènes chocs, en gros on a droit à une partouze, une castration, des viols, des sévices sur des gamins, des suicides collectifs et j'en passe dans une ville devenue complètement barge, et au fond on a une critique sur le régime de Margareth Thatcher. C'est super bien construit et bien compréhensible (pas de difficultés de langage ou très peu).
Bref j'ai préféré cette histoire à la précédente.
Le seul petit truc qui m'a gêné sont les dessins de David Lloyd. J'ai pas trop accroché à ceux-ci.
Dans Dead-Boy's Heart, Jamie Delano est de retour après un bref passage de Grant Morrison et Neil Gaiman sur le titre. Ce 35eme numéro est dessiné par Sean Phillips.
On assiste à une histoire se déroulant pendant l'enfance de John, on y découvre sa soeur Cheryl. John encore enfant s'invente des histoires pour passer le temps. Il découvrira un squelette d'enfant et ce qui est pour lui le coeur intact de ce dernier. Vrai coeur ou simple cailloux considéré comme un vrai coeur par un enfant débordant d'imagination? C'est ce que cette courte histoire fera découvrir au lecteur.
Au final, l'histoire est sympathique mais assez déroutante. De son côté Sean Phillips illustre de manière assez simpliste son histoire. Il n'a pas le même style que celui que l'on rencontre sur Sleeper ou Criminal.
This is the diary of Danny Drake est écrit par Garth Ennis et illustré par David Lloyd. Cet épisode narre la rencontre entre John Constantine et un homme du nom de Danny Drake. Danny est au bout du gouffre et va raconter son histoire à John.
John découvrira par lui-même l'horrible vérité à propos de Danny.
Une bonne histoire de plus et avec un David Lloyd livrant une meilleure prestation que sur les épisodes signés Grant Morrison.
Si le run d'Ennis est de qualité identique à cette petite histoire alors ça expliquerait pourquoi ce run est tant aimé des fans et pourquoi c'est un arc de ce dernier qui a inspiré le scénario du film.
Dans la dernière histoire, In Another Part of Hell, scénarisée une fois de plus par Jamie Delano, John se rend chez la fille de Chas qui vient d'avoir un enfant. John se remémore la première visite qu'il avait effectué des années auparavant, visite au cours de laquelle il avait rencontré des êtres ectoplasmiques et une guenon étrange...
Dessinée par Sean Phillips, j'ai peu aimée cette histoire qui est selon moi la moins bonne de ce tpb. Dommage de conclure sur une note négative la lecture de ce tpb.
Alors lecture indispensable ou pas? Je dirais lecture dispensable d'une part car les histoires ont été un peu choisies au hasard je pense, et d'autre part les épisodes manquants écrits par Delano étant en train d'être publié, on suppose qu'il y aura des doublons.
Cependant cela reste une bonne lecture, trouvable pour moins de 10€ sur Amazon.
Batman: The Killing Joke/ Rire et Mourir
Batman : Rire Et Mourir / Batman : The Killing Joke
Scénario : Alan Moore
Dessins : Brian Bolland
Couleurs : John Higgins
Editeur: Delcourt(collection Contrebande) / DC Comics
Sorti en 2000 en VF chez Delcourt et en 1988 chez DC Comics
Synopsis: Batman, convaincu que ses duels incessants avec le Joker vont finir par provoquer la mort de l'un ou de l'autre, se rend à l'asile d'Arkham pour proposer une trêve à son vieil ennemi. Mais une fois de plus, le Joker s'est évadé ! Et il a kidnappé la fille du commissaire Gordon.
Son but ? Rendre fou le commissaire, pour prouver à Batman qu'il suffit parfois d'une seule très mauvaise journée dans la vie d'un homme bon pour qu'il bascule dans la folie et le crime.
C'est en effet ce qui est arrivé, des années auparavant, à un pauvre comique raté qui voulait devenir riche rapidement pour nourrir sa femme et son bébé, et qu'une très, très, très mauvaise journée transforma définitivement en tueur psychopathe au visage de clown toujours souriant...
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Lors de sa longue carrière de justicier de Gotham, Batman a connu de multiples tragédies. La toute première est la paralysie de Barbara Gordon.
Avant de s’intéresser à cet événement traumatisant dans la vie du Caped Crusader, remémorons-nous les évènements précédents dans la continuité :
-Dick Grayson devient Robin
-Les Teen Titans se forme
-Barbara Gordon devient Batgirl
-Ra's al Ghul kidnappe Robin(Dick Grayson) et se fait connaître auprès de Batman
-Dick Grayson devient Nightwing
-Jason Todd devient le second Robin
-Le Multivers est détruit, il ne reste qu’une terre unique
-Barbara Gordon devient paralysée par la faute du Joker
Et c’est à ce dernier point que je vais m’attaquer.
A la lecture de ce one-shot, je suis nostalgique car je le connais, sans vraiment le connaître. Je m’explique. J’avais 5 ou 6 ans et mon premier comic était un chronique de Batman, celui-ci contenant ce « Killing Joke ». Donc comme je le dit je le connais, mais à l’époque je ne savais pas encore lire, je n’étais pas encore en CP et je me contentais de regarder les images, comme tout enfant.
Les années passèrent et un jour, ma famille déménagea et je perdis mes précieux premiers comics.
Je n’ai donc jamais pu les lire mais certaines images restèrent graver dans ma mémoire.
L’une d’elle était ce clown psychopathe qu’est le Joker qui tire sur Barbara Gordon et la chute de celle-ci sur la table en verre. Et la seconde image dont je me souvenais était les photos de Barbara, nue, baignant dans son sang, et surtout la douleur qu’on pouvait lire sur son visage.
Voilà ce dont je me rappelais mais à part ça, il ne restait que le vide.
C’est donc une séance de rattrapage mais aussi une découverte de ce chef d’œuvre d’Alan Moore et de Brian Bolland.
Alan Moore nous offre donc un portrait du Joker, mais aussi de ce qu’il était avant d’être l’illuminé qu’on connaît aujourd’hui.
Ce qu’il y a de remarquable c’est qu’au fil de la lecture le Joker nous répugne, mais aussi on a de la sympathie pour ce dernier quand on voit ce qu’il était et comment il est devenu ce qu’il est.
Nous voyons donc une personne peu sûre d’elle, un raté essayant de trouver par tous les moyens de l’argent pour sa femme qui attend son premier enfant. Voulant se lancer dans un carrière de comique qui n’aboutira pas, le sieur n’aura plus qu’un seul moyen de trouver de l’argent et ce moyen est le crime.
Et quand vient le grand jour, la malchance frappe le pathétique personnage. Sa femme meurt, il est contraint de réaliser le crime, le plan ne se déroule pas comme prévu, Batman arrive et la journée se finie par une chute dans des produits chimiques qui transformeront la personne pour qui le lecteur avait pitié en un redoutable esprit dérangé.
Selon le Joker, « une mauvaise journée peut rendre quelqu’un cinglé ». C’est pour prouver cela qu’il a voulu rendre fou le commissaire Gordon en le torturant, le maltraitant, en s’attaquant à la personne qui compte le plus pour lui et en l’humiliant.
Il se dit que Batman et lui sont tous les deux devenus des fous en passant une mauvaise journée et il me semble ne pas avoir tort. Tous deux ont perdu des êtres chers en une journée. Le Joker perd sa femme et son futur enfant mais aussi son humanité à la fin d’une journée. Batman, quant à lui, perd ses parents et son innocence. Le Joker l’admet mais Batman ne veut pas l’admettre. Quand il dit que Gordon n’a pas sombré dans la folie, il cherche peut être à démentir ce que le Joker dit.
Le fait est que contrairement à Batman et au Joker, Gordon n’a pas perdu la seule personne qui lui est chère. Même si Barbara perd l’usage de ses jambes, elle est toujours en vie. La question que l’on pourrait se poser est de savoir que serait devenu Gordon si Barbara était morte .
Aurait-il sombré dans la folie comme Batman ou le Joker ?
En plus de nous montrer le passé du Joker, Alan Moore dévoile la naissance du nemesis de Batman. C’est Batman qui, accidentellement, à créer le Joker. Un fou en costume fait sombrer un homme qui n’a plus rien à perdre dans la folie.
Les dessins de Brian Bolland font vieillot à notre époque mais sont vraiment efficaces, beaux. L’ambiance est parfaitement retranscrite avec les dessins.
Reste le problème des couleurs cependant bien trop flashant.
« Rire et Mourir » est donc un album incontournable que les fans de Batman et surtout du Joker se doivent de posséder car non seulement l’approche est surprenante, l’histoire est très bien construite(même si la fin est assez étrange), et l’album coûte moins d’un dizaine d’euro.
Avis : Conseillé pour tous.
The Killing Joke va être de nouveau publié dans quelques jours au format Hard Cover en version original.
Il est fort probable que Panini le publie.
Hellblazer: Hard Time
Pour commencer ce nouveau blog, je ressors deux chroniques de l'ancien, qui ont disparu de ce dernier. J'ai préféré créer un nouveau blog plutôt que de tout perdre sur l'ancien (aucuns articles n'apparaissaient dans la partie admin...)
Editeur : Vertigo/DC Comics
Editeur de la version française : Toth
"Brian Azzarello et Richard Corben sont définitivement les meilleurs auteurs pour ce portrait de John Constantine en nature morte. Chez Azzarello, le sens du rythme, de la caractérisation et des situations, explose à chaque scène dans une maîtrise cristalline. Et Corben fournit ce qui est, peut-être, l’une des oeuvres les plus brillamment sombres d’une longue et déjà légendaire carrière"
Alan Moore
C’est un très beau compliment de la part d’Alan Moore, grand écrivain anglais et papa de John Constantine apparu vers la fin des années 80 dans les Swamp Thing de Moore.
Qui se douterait que ce personnage cynique allait tant plaire aux lecteurs?
C’est en janvier 88 que sortira le 1er numéro de la série Hellblazer par Jamie Delano , série qui a dépassée le stade des 200 épisodes, sans relaunch, et qui a rassemblé des gens de talents sur le titre. Après Delano suivront des grands noms comme Grant Morrison, Neil Gaiman(pour un épisode seulement), Garth Ennis, Paul Jenkins, Warren Ellis et enfin Brian Azzarello.
Azzarello commence donc son run avec cet arc, « Hard Time », dans lequel John Constantine est enfermé en prison. Pourquoi ? Il faudra le lire pour le savoir.
J’ajouterais juste que notre Hellblazer sera confronter à la dure réalité du monde carcéral américain, à ces gang dans les prisons, à la dure loi du plus fort.
A la place d’adhérer à un gang, John choisira de suivre la voie de l’individualisme. Résultat, toute la prison est sur son dos. Notre British blond s’en sortira-t-il ?
Pour ceux qui ne connaisse pas Brian Azzarello, ce dernier est un vrai maître du polar, chose qu’il a prouvé avec son œuvre phare, « 100 Bullets », série toujours publiée mais sur le point de se terminer(toute chose à une fin même les meilleures) ou encore avec son « Batman : Broken City » .
Le scénario d’Azzarello est accompagné par des dessins de Richard Corben(« Den », « Solo », « Punisher : The End »), grand dessinateur underground américain.
Cette collaboration n’est pas la première étant donné que les deux compères ont travaillé ensemble sur les mini séries « Cage :Mafia Blues » et « Hulk : Banner ».
Que dire de cet arc ? Déjà par son ambiance carcérale, ses gangs, il fait beaucoup penser à la série d’HBO, « OZ » auquel on ajoute une pincée de magie noire provenant de « Johnny Boy ».
John a-t-il un rôle dans tout ça ? Comment cela finira-t-il ? Et bien je vous laisse le découvrir en lisant ce Hard Time.
Richard Corben dessine donc cet arc. Autant le dire tout de suite, son style ne plait pas forcément à tout le monde. J’avoue qu’avant je n’aimais pas son style.
Mes goûts ayant pas mal évolués depuis un an, je dois dire que j’apprécie son trait.
Le seul reproche que je ferais c’est le faciès des personnages quand ils sourient. Tous sourient à pleine dent et dans tout œuvre de Corben cette image me fait penser à un copier coller.
L’histoire d’Azzarello est superbement bien construite. John arrive comme simple détenu et par son attitude d’isolement par rapport aux autres s’attirent les ennuis. Mais en cherchant des ennuis à l’homme à l’imper, ce sont les ennuis et hallucinations qui viennent à eux.
Constantine, qui est de faible consistance par rapport aux malabars de la prison, va pourtant marquer celle-ci à jamais.
En venant ici, c’est comme si le loup était entré dans la bergerie.
La prison était déjà un enfer, l’arrivé de l’anglais va rendre celui-ci bien pire.
C’est en quelque sorte le maître des lieux.
Toutefois tout n’est pas si simple pour lui. Il sera en quelque sorte piégé, isolé et visité par des esprits. Pendant ce temps la prison s’agite et une rébellion éclate.
En définitif, le run d’Azzarello commence très fort. C’est un assez bon point de départ pour quelqu’un n’ayant jamais lu de Hellblazer.
Sachez que l’édition chez Toth, même si elle est assez chère, est une édition parfaitement réalisée et plus grande que le tpb ou les numéros.
Planches agrandies, papier glacé, c’est donc une belle édition.
Je vous conseille de lire cet arc et ce quelque soit votre camp, celui de la VO ou de la VF.
Avis : A lire d’urgence.
(à suivre dans la soirée, Killing Joke de Moore et Bolland, ainsi que Hellblazer: Rare Cuts)
